18 novembre 2015 voyage-tourisme-hammamet-tunisie

Des attentats et un tourisme en berne en Tunisie

Il y a une semaine, je rentrais de Tunisie. J’y ai passé quatre belles journées avec, entre autres, de l’escalade et beaucoup d’échanges avec des tunisiens. Je publie aujourd’hui l’un des trois articles écrits suite à ce séjour en Tunisie. Pas celui avec lequel je comptais commencer mais celui qui s’impose, selon moi, vu le contexte morose dans lequel nous sommes plongés. Car il est question, dans ce texte, d’un pays qui subit les conséquences à long-terme d’un attentat terroriste.

La Tunisie ?

Pour tout vous dire, je ne connaissais rien de la Tunisie avant d’y aller. Je savais placer ce pays sur une carte (et encore, je ne savais pas qu’il était si petit, coincé entre ses grands voisins que sont l’Algérie et la Libye) ; je savais qu’il y avait eu une révolution il y a quelques années (en 2010-2011 vérification faite) et que les touristes boudaient la Tunisie suite à des attentats (celui du Bardo en mars 2015 et celui de Sousse fin juin 2015). C’est tout. Quand je vous dis que je ne connaissais rien de la Tunisie !

J’étais invitée à Zaghouan dans le cadre d’un festival de films de montagne et j’y suis allée l’esprit tranquille et curieux, en compagnie d’un couple franco-anglais.

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Zaghouan, Tunisie.

Peu de touristes étrangers…

Dans l’avion Marseille – Tunis, nous sommes les seuls blancs je pense. Quand je dis « blanc », je parle de notre couleur de peau, sans préjugé aucun. Un constat seulement. Autour de nous des bruns, des basanés, des jeunes et des moins jeunes, des couples et quelques familles. Nous sommes un vendredi matin, hors vacances scolaires.

A l’aéroport, un des organisateurs du festival vient nous chercher et nous emmène directement dans la ville de Zaghouan, à moins d’une heure de Tunis. Nous y rencontrons, durant le week-end, quelques blancs, tous des « habitués » de la Tunisie (beaucoup de voyages précédemment) ou des expatriés vivant à Tunis. On me dit qu’à Zaghouan, 35 000 habitants, il n’y a que deux hôtels et un autre qui ouvrira bientôt. Ici, on ne vient faire du tourisme que sur la journée. On imagine sans grande difficulté le chemin emprunté par les touristes : on part de Tunis, on roule moins d’une heure, on visite le Temple des Eaux, la vieille ville, le Marabout superbe, peut-être une autre visite et puis hop, on remonte dans le bus et on rentre à Tunis. Mais depuis quelques mois, pas de trace de ce touriste étranger venu à Zaghouan pour la journée. Il n’existe pas. Il n’existe plus.

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Une vieille rue de Zaghouan et ci-dessous, des aperçus du Temple des Eaux et d’un Marabout.

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Hammamet, une ville balnéaire de Tunisie

Pour rentrer à Tunis, on fait un détour par Hammamet, une ville composée d’une vieille ville et d’une zone touristique faite d’hôtels, de rues et de magasins. Et là, le mot qui me vient à l’esprit aussitôt, c’est « désolation ». C’est triste de voir une ville comme morte, une ville fantôme. On voit les hôtels, le parc d’attractions, les calèches garées sur les trottoirs… et de rares personnes se promènent dans la ville. Hammamet, la ville fantôme. C’est triste. Et tout ça car, un jour, un fou a décidé de tuer des gens sur une plage, à une centaine de kilomètres de là… Et c’est toute l’économie d’un pays qui est mise à mal, une économie déjà sérieusement touchée par la Révolution arabe.

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Un des nombreux bâtiments inachevés…

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Entrée de CARTHAGE-LAND, un parc d’attractions au coeur de Yasmine Hammamet.

La solidarité des algériens envers les tunisiens

Dans la voiture, notre « guide » tunisien (merci beaucoup à lui d’ailleurs !) nous parle de la grande solidarité dont ont fait preuve les Algériens après les attentats de Sousse. En effet, ces derniers ont préféré dépenser leurs sous en Tunisie plutôt qu’ailleurs. Ils ont passé 500 000 nuitées supplémentaires par rapport à 2014, au secours des Tunisiens. Un geste de solidarité exemplaire, quand on sait que plus de 400 000 tunisiens vivent du tourisme et ont été « abandonnés » par les Européens. Les Tunisiens avaient tout misé sur le tourisme, construit et construit encore, sans se douter ou en fermant les yeux sur la fragilité de leur économie…

Découverte du Souk de Tunis

Nous avons ensuite rejoint Tunis. Nous étions les seuls blancs au souk, qui devrait être le repère par excellence des touristes si je ne me trompe. Les marchands ont vu leurs ventes chuter, et n’attendent qu’une chose, que les gens reviennent visiter leur beau pays, leur pays musulman qui est très modéré, où la majorité des femmes ne sont pas voilées, où les Imams sont démis de leurs fonctions par l’Etat si leur prêche est trop virulent. Leur pays qui a besoin du tourisme pour avancer. Ils n’ont pas beaucoup de pétrole et de richesses naturelles, de terres cultivables, mais ils ont de grands sourires, de belles plages et de bons plats pour accueillir les voyageurs !

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Au coeur du Souk de Tunis.

Des attentats terroristes

Pendant ces quatre jours, nous avons parlé d’attentats et de terrorisme en Tunisie, entre français, avec les tunisiens. Nous avions tous un ou plusieurs proche(s) ou connaissance(s) qui nous avait déconseillé de nous rendre en Tunisie. Car c’est proche de l’Egypte (?!) ; car il y a des islamistes à tous les coins de rues là-bas (?!) ; car les risques d’attentats sont beaucoup plus élevés là-bas qu’en France… Malheureusement, les attentats du 13 novembre à Paris nous rappellent que le danger est présent en France aussi. Je suis triste de voir cette violence, cette folie qui s’empare de certains hommes, et triste de voir toutes les conséquences qui découlent de ces gestes horribles, tant d’un point de vue économique que politique.

 

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