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Via ferratas, cher et sans intérêt ?

Le terme « via ferrata » voit le jour au cours de la Première guerre mondiale, aux Dolomites, suite à l’équipement de falaises par les troupes italiennes. En 1988, la première via ferrata française est construite dans les Hautes-Alpes. Son succès ne se dément pas au fil des années. Malgré quelques réticences à essayer la via ferrata, j’ai goûté à cette activité… Et j’ai aimé !

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Les vias ferratas ? Cher et sans intérêt !

Vers 18 ans, j’avais pensé à faire une via ferrata dans le sud de la France. Mais le prix de cette activité (louer le matériel et les services d’un guide) m’avait refroidi. Ainsi, dans ma petite tête, les vias ferratas, c’était cher. Point barre. Ca c’était avant de rencontrer Francisco.

Avec lui, j’ai bivouaqué en montagne, j’ai dormi dans des refuges, j’ai marché en Chartreuse, fait des raquettes en Belledonne (deux massifs près de Grenoble), je me suis mise à l’escalade… Et j’ai fait une via ferrata ! Celle qui est tout près du centre-ville de Grenoble. Le rocher est plus que patiné (usé et poli par les frottements de milliers de semelles) mais c’est sympa comme tout à faire. A l’époque, on n’avait pas de longes spéciales via-ferratas, on s’assurait au moyen de sangles et de mousquetons. (aparté : à ne pas faire !!). Francisco l’a faite plus d’une dizaine de fois et pour lui, une via ferrata n’était qu’une solution de repli quand on ne pouvait pas faire de l’escalade. Il voyait la via ferrata comme un moyen de garder la forme et de passer un moment dehors, sympa mais sans plus. Alors je me suis mise à penser comme lui. Bêtement.

Mardi 14 mai 2013 Via ferrata de la Bastille Manu Armand, Yves Exbrayat, Cécile Mazet: mission montagne © JM Francillon 2013

Via ferrata de la Bastille – Manu Armand, Yves Exbrayat, Cécile Mazet: mission montagne – © JM Francillon 2013

Signes du destin : obligés de faire une via-ferrata !

Et puis… En Corse, nous avons reçu une longe de via-ferrata de Edelrid, notre partenaire d’équipement de montagne. Le lendemain, coïncidence, on arrive à un joli spot d’escalade, avec un parcours de via-ferrata de l’autre côté de la falaise d’escalade.

J’aime me laisser guider par les signes et les coïncidences. Nous devions donc essayer cette via ferrata. Francisco est parti d’abord, a couru dans tout le parcours… et a adoré ! 50 minutes après son départ, on le voir débouler au camion, ruisselant, souriant, aussi rouge que son sweat. Ses premiers mots sont pour moi : « vas-y c’est trop cool, tu vas t’amuser ». Il m’aide à régler le casque, me mets le mousqueton et les sangles au baudrier, m’accroche aussi la bouteille d’eau et me mets une barre énergétique dans la poche. Un vrai papa-poule !

C’est cool en fait une via ferrata !

Et c’est vrai que je m’éclate ! On descend on descend. Au niveau du bas du barrage. Puis on remonte, pont de singe impressionnant, avec beaucoup de vide en dessous, puis on continue de monter pour arriver au dessus du camion. Francisco est venu me chercher. Il prétexte les quelques gouttes de pluie mais je crois qu’il avait surtout envie de refaire un bout de la via ferrata.

J’ai trouvé ça très simple de suivre le marquage et de m’en remettre au câble. J’ai confiance en mon matériel, donc aucune crainte de chuter ou de me faire mal.

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Pas rassurée tout là-haut, sur un pont de singe

En fait, le seul problème quand on évolue seul, c’est qu’il faut s’encourager par soi-même. « Allez Sandra ! Allez Sandra… Oui c’est bien, continue comme ça… Oui Sandra… Tu vas y arriver… ». Ca, c’était ma petite voix intérieure alors que j’étais sur un pont de singe dans la via ferrata en Corse, ma foi assez impressionnant. Tout en bas l’eau coule, dans les mains un câble qui bouge, et sous les pieds un autre câble qui bouge au gré des tremblements de mes pieds hésitants. Joli tableau ! Mais une fois le pont de singe traversé, qu’est-ce que j’étais fière de moi. Des dizaines de mouvements plus loin, quand on se sent souple, agile, intrépide, gracieux et courageux (bon, j’en fais peut-être un peu trop !), c’est l’heure de descendre. Toujours relié au câble ou non, selon le terrain.

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Ah si un autre problème quand on est seul dans une via : la qualité des photos !

Autre via-ferrata, à Passy.

A Passy, près de Chamonix, nous avons fait une via ferrata. Je me sentais assez en confiance cette fois-ci pour y aller sans les repérages de Francisco. L’avantage d’être seule : aller plus vite ! J’ai ainsi « osé » doubler deux cordées dès le départ et j’ai ainsi pu aller à mon rythme.

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Pas mal la vue non ?

Les via ferratas pour les familles

Ainsi, cet été nous avons fait deux vias avec Francisco, l’une en Corse et l’une à Passy. Les deux fois, cela a été une bouffée d’air pour chacun de nous deux. Pendant 1, 2 ou 3h, on évolue seul, loin des enfants – ça fait du bien parfois :-) ! Plus que de marcher seule, ce que je n’apprécie pas forcément, faire une via ferrata seule demande un peu plus de concentration… et procure beaucoup de plaisir  !

Il me tarde cependant de faire des vias en famille, avec Anna et Tomas encordés (ne jamais utiliser une longe de via ferrata pour de jeunes enfants !!). On va chercher ça et je vous ferai un petit compte-rendu de cette première expérience avec les enfants !

Pour ceux qui veulent se lancer :

Le livre Vias Ferratas et Cordas, de Philippe Poulet est parfait pour débuter : plus de 240 itinéraires en france et dans les zones frontalières sont décrits, avec également tout ce qu’il faut pour bien débuter : quel matériel, comment lire un topo… ?

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Si vous souhaiter faire une via sans investir dans du matériel, ce que je comprends tout à fait, vous pouvez louer du matériel, très souvent près de la via ferrata que vous avez repéré. N’hésitez pas non plus à louer les services d’un guide, au moins la première fois que vous souhaitez évoluer des dizaines de mètres au dessus du sol, sur un pont de singe branlant ou une poutre !

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Ca c’est une première ! Une photo de mon pied !

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