18 janvier 2015

Voyager avec les paysans

Je voyage souvent. Parfois à des kilomètres, parfois tout près de chez moi. Je voyage en photo ou grâce à des mots que je lis, que j’entends. C’était par exemple le cas le week-end dernier. Je me suis retrouvée dans un monde paysan qui m’attire de plus en plus en triant des photos de ma grand-mère, en allant à la ferme voisine et surtout, en assistant à une superbe exposition photo intitulée « Paysans ».

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Une photo prise il y a trois jours dans la ferme du village.

 

Différentes façons de voyager

Le voyage doit-il être lointain pour mériter cette appellation de voyage ? Je ne le pense pas. Pour ma part, je voyage quand je sors de ma routine, quand je suis confrontée à des gens plus jeunes, plus vieux, plus riches, plus pauvres, athées, musulmans, boudhistes, chrétiens ou je ne sais quoi ; lorsque je dois faire preuve d’adaptation, m’exprimer par geste ou lorsque je découvre des modes de vies différents du mien. Je peux voyager à quelques centaines de mètres de la maison, avec des gens qui parlent Français, une langue étrangère ou simplement de choses que je ne connais pas.

 

Un monde paysan à photographier

J’habite dans un petit village de moins de 100 âmes. Hier matin, nous sommes allés voir des cochons avec les enfants. Deux cochons qui seront tués dans quelques jours… Juste après, direction le village voisin. Je m’arrête à la boucherie-charcuterie. L’homme me sert et n’arrête pas de parler. De la fabrication artisanale de son jambon qui a un goût bien différent de celui qu’on trouve dans le commerce. De sa volonté de limiter au maximum les additifs. De la courte conservation qui découle de cette fabrication artisanale. Il me parle encore de son jambon, de son choix de n’en faire qu’un type. Car nous sommes dans un village et donc il ne faut pas qu’il n’en fasse trop. En plus de ça, il ne sait faire que ce jambon, ça tombe bien (c’est lui qui le dit !).

Il me demande ce que je fais, rigole quand je lui dis que c’est mon mari qui cuisine et non pas moi. « Ah ça, c’est pas courant ». Puis il me parle d’un voyage qu’il a fait en Bulgarie. Qu’ils ne vivent pas comme nous là-bas (je suppose qu’il souhaitait dire que c’était un pays moins « développé »), mais que c’était beau, très beau. Il a presque des larmes aux yeux lorsqu’il me parle de ce voyage en terres bulgares. J’ai -enfin- ma poche contenant mon jambon, chorizo et saucisses. Je le salue et me promets de revenir le voir très vite.

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Des cochons et des hommes.

 

Avant d’aller discuter avec des paysans dans les montagnes grecques pour en savoir plus sur leur vie, pourquoi ne pas commencer à discuter avec mes voisins, les fermiers, le boucher-charcutier du coin ? Avec ma grand-mère aussi. Une paysanne des Landes. Je regarde les quelques photos que j’ai prises d’elle lors des fêtes de fin d’année. Ces photos me plaisent. Pas pour leurs qualités (cadrage…) mais car j’y vois une vieille femme heureuse de recevoir ses enfants, ses petits et arrières petits-enfants chez elle.

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Ma grand-mère !

 mamieLa farce est prête.

 

Le monde paysan m’attire.

Une de mes nouvelles idées est de découvrir ce monde grâce à la photo. Apprendre de ces hommes et de ces femmes. Nous avons eu des poules quelques semaines, j’ai assisté au tue-cochon l’année dernière pour la première fois de ma vie… Et si l’essence de la photographie documentaire ne résidait-elle pas dans cette attirance pour des domaines, des passions, des mondes que l’on veut découvrir ? Un peu comme le voyage… La volonté de voyager ne réside t-elle pas dans la découverte de passions, de mondes que l’on veut découvrir ?

 

L’expositions « Paysans »

Et puis, ironie du sort, une exposition sur les paysans de Pierre Pédelmas et Philippe Benoist, se terminait le week-end dernier aux Essar(t), à Bram. Samedi dernier, c’était le moment où jamais d’aller découvrir cette exposition. J’ai adoré les photos en noir et banc prises dans les années 60 par Pierre Pédelmas. Des hommes et des femmes qui vaquent à leurs travaux dans leurs fermes, leurs champs, qui boivent un coup dans leur maison ou qui font des affaires au marché. La majorité des photos ont été prises dans le coin (Aude, Ariège…). Une fois de plus, pourquoi voyager loin alors qu’il y a tellement de belles rencontres, de belles scènes à découvrir aussi près de nous, pour qui veut ouvrir les yeux ? Pierre les a ouverts et j’ai apprécié !

Pierre Pédelmas n’a pas de site internet. Voici un aperçu de son travail sur le site des Boutographies.

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Pierre Pémeldas au Centre des Essar(t), Bram, Aude. J’adore la photo à sa droite, prise un jour de marché, à Castelnaudary si je me souviens bien.

 

 espillage-du-lapin-lavalettUne des belles photos de la série « Paysans » !

 

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