Europe / Grèce / 23 octobre 2014

Le charme du voyage – Kalymnos 2

Comme j’en parlais dans mon article précédent, nous avons passé une dizaine de jours sur l’île de Kalymnos. Une pause dans notre voyage en famille dans le Péloponnèse… Une pause agréable mais différente de celle que j’imaginais.

Tous les jours, une rencontre ou une découverte

Nous étions déjà venus à Kalymnos, en octobre 2013. J’avais, aussitôt arrivée au port, aimé la jolie pagaille qui régnait sur l’île. Des piétons souriants, d’innombrables scooters montés par des Kalymniotes ou touristes sans casque, des vieux prenant le soleil… Quelques kilomètres après le port, nous découvrions le village de Masouri, qui m’avait plu instantanément. Des deux côtés de la rue qui structure le village, des restaurants, gîtes et hôtels en pagaille ; des petits markets et des magasins d’escalade ; des bars où l’on peut emprunter des chaussons, ceux-là même qui servent de décoration ; des loueurs de scoot, etc. Tous les jours je faisais une rencontre ou une découverte : le bonheur de se baigner en octobre sur une plage déserte, l’octopousse au miel et la salade locale (avec du pain dur à l’anis).

Denis

Un alpiniste célèbre en pause famille/plage.

Tomas à la laverie

Une découverte à la laverie : une culotte :-) !

Je n’ai pas « voyagé » à Kalymnos cette année

Cette année, le charme de Kalymnos n’a pas opéré avec la même intensité. Bien sûr j’ai apprécié l’eau, le soleil, l’ambiance. Mais cette année, je n’ai pas voyagé à Kalymnos. Ce n’était qu’une pause dans un autre voyage. Et dans cette différence réside ma déception. L’année dernière, j’avais loué un scooter pour faire un tour de l’île ; cette fois-ci non. J’avais cherché la plage ; elle n’a évidemment pas changé de place. L’année dernière j’avais découvert l’endroit, certains habitués, certains restaurants fort sympathiques. Rien de tout cela cette année. Le voyage, pour moi, c’est un ensemble de moments qui s’offre à nous au détour d’un sentier, d’une route. On fait face à des situations nouvelles, on cherche des solutions, on improvise. Émerveillement, appréhension, énervement, joie… De nombreux états ou sentiments peuvent se succéder. Tous les jours sont différents, bien relevés et salés. Les jours de grimpe succèdent aux journées de grimpe (ou de baignade pour les enfants et moi) ; les soirées au kébab succèdent à celles chez l’Aegan, un bon restaurant et puis voilà. On croise les mêmes. Quelques nouveaux auxquels je m’agrippe aussitôt. Clap de fin. Rien ne bouge en 10 jours ici. Nous sommes tous habillés avec les mêmes marques, nous parlons le même langage (principalement des termes techniques d’escalade en anglais) et promettons de revenir ici, au paradis des grimpeurs. Je ne m’y retrouve plus. Je préfère le sel du voyage au confort des vacances, les rencontres avec l’inconnu et les inconnus aux discussions entre grimpeurs.

Restaurant

Les restaurants sont souvent tenus par des familles, avec sur cette photo 3 générations représentées : la grand-mère qui s’occupe de la note, la fille en cuisine et la petite-fille, une vingtaine d’années.

Roméo et Juliette

Anna et Tomas près de la piscine.

Dernière journée découverte

C’est notre dernier jour à Kalymnos, nous traversons une dernière fois Masouri. On dépose des amis à l’aéroport de l’île et au port. Quelques dizaines de mètres après le port, nous trouvons un coin à l’ombre pour la sieste des petits. Nous voici dans un autre monde, submergés par notre voyage. Pas de grimpeurs, de magasins et de restos. Juste des jeux pour enfants squattés par des gitans et des vieux coupant des poissons à même le sol. J’ai aimé cette impression d’entrer chez l’autre, en l’occurrence le bateau en bois transformé en squat, après avoir montré patte blanche. J’ai aimé le sourire du vieux qui coupait son poisson. Il m’a accueillie dans son monde sans même un mot échangé. J’étais à ma place, pas tout confort (c’était sale, je n’osais pas sortir mon mac et mon appareil et la chaleur était étouffante) mais j’étais bien.

Départ en musique

Le soir même, de retour au port, des notes de musique s’échappaient d’un bâtiment. Anna et Tomas, curieux comme des enfants, se sont accrochés au rebord d’une fenêtre. Un musicien a pris son instrument et nous a offert quelques instants, quelques notes. Et nous, à la fenêtre, ravis de cette énième surprise que recèle le voyage… Être hors de notre zone de confort et être surpris, n’est-ce pas là, tout simplement, que réside l’essence du voyage ?

Musicien à Kalymnos

Sur le port, le dernier soir à Kalymnos.

* Les quatre premières photos ont été prises en 2013 ; la dernière il y a quelques jours.



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